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Dadis camara:une "convalescence"au parfum d'exil . Envoyer
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Moussa Dadis Camara (MDC) pensait rentrer au bercail après un mois d’hospitalisation au Maroc, il s’est, à l’insu de son plein gré, retrouvé mardi nuit à la base aérienne de Ouagadougou où les autorités burkinabè ne semblaient pas prêts à le recevoir. Informé la veille par le roi Mohamed VI de son projet de le renvoyer à l’expéditeur (c’est quand même un avion

burkinabè qui l’avait évacué d’urgence le 4 décembre 2009), Blaise Compaoré n’aura pas épuisé le temps de la réflexion qu’il avait demandé que le colis débarquait chez lui.

Mis presque devant le fait accompli par le souverain chérifien qui semblait particulièrement pressé, pour on ne sait trop quelle(s) raison(s), de se débarrasser d’un hôte plutôt encombrant.

On peut raisonnablement imaginer que les Américains et surtout les Français, pour qui le retour du président guinéen à Conakry n’était pas à proprement parler une bonne idée, ont amicalement pressé M6 pour qu’il trouve une terre d’accueil (en attendant l’exil ?) à l’éruptif Dadis, victime, rappelons-le, d’une tentative de meurtre, perpétré le 3 décembre 2009 par son propre aide de camp, le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba.

Et c’est peu dire que d’affirmer que son retrait arrangeait presque tout le monde, dans la mesure où sa volonté de se présenter à la présidentielle était devenue, au fil des mois, le nœud gordien de la crise guinéenne, pis est depuis les massacres du 28 septembre 2009. Bernard Kouchner, le peu diplomatique chef de la diplomatie française, était même allé jusqu’à déclarer le 22 décembre que la Guinée courrait de graves risques de guerre civile si le chef de la junte reprenait du service. Son retour est d’autant plus indésiré que son intérimaire, le général Sékouba Konaté, est réputé être plus conciliant et coulant.

N’a-t-il pas récemment promis le poste de Premier ministre aux Forces vives et l’organisation "le plus tôt possible" d’élections démocratiques, même s’il n’a encore rien dit de ses intentions personnelles ? Dans ces circonstances, le rapatriement du patron du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) aurait fait quelque peu désordre, puisque sa capacité de nuisance paraît intacte et qu’il compte encore, au sein de l’armée notamment, un dernier carré de fidèles que Blaise Compaoré s’est du reste attelé, dès mardi dans la soirée, à calmer. On n’est jamais trop prudent.

"Tout pourrait se jouer là, c’est-à-dire par un maintien de Dadis pour une rééducation au Maroc ou ailleurs... une façon de le sacrifier sur l’autel de la paix".

Mais pourquoi diable le Burkina ? Sans doute était-ce la destination la plus logique vu de Rabat : parce que le président du Faso est toujours (en tout cas officiellement) le Facilitateur des pourparlers inter-guinéens et que le choix d’un pays trop proche de la Guinée (le Sénégal de "papa Wade" par exemple) aurait été un peu risqué. Cap donc sur Ouaga.

Du reste, le pays des hommes intègres, dans ses vicissitudes politico-militaires, est assez coutumier de ce genre de situation. Après sa chute en 1997, le Congolais Pascal Lissouba avait bien parachuté, dans un premier temps, au Faso. Et avant lui, d’autres "indésirables" ailleurs à l’image de feu Jonas Savimbi, de Charles Taylor, des expulsés de Folembray..., dans des conditions plus ou moins opaques, avaient pris leurs quartiers à Ouagadougou, devenue la Mecque de la contestation africaine. Certainement la légendaire hospitalité burkinabè - ne riez pas ! -, quitte à ouvrir ses fenêtres à tous les courants d’air.

Cela dit, dans le cas d’espèce, ça peut-être tout bénef pour la diplomatie burkinabè. Car en convoyant nuitamment l’illustre patient, le Maroc permet à bien des égards au locataire du palais de Kosyam de rebondir et de reprendre la main dans un dossier qui avait commencé à lui échapper après ses propositions abracadabrantesques de sortie de crise.

Le Tigre (qui est arrivé hier en début de soirée à Ouaga) ne cachait d’ailleurs pas son envie de mettre le Médiateur hors-jeu, lui qui disait récemment souhaiter que les Guinéens discutent désormais entre eux et à domicile. Pourvu seulement que ces itératifs errements diplomatiques ne finissent pas par mettre en danger la bonne résolution de sortit de crise en guinée .

Maintenant que le grabataire est venu, selon les termes du communiqué officiel du ministère des Affaires étrangères burkinabé, "poursuivre sa convalescence" dans un pays qui n’est pourtant pas réputé avoir les meilleurs soins de santé au monde, la question se pose désormais de savoir s’il est seulement en transit vers d’autres cieux, s’il ne fait donc que passer ; s’il va "prendre natte" comme on dit ; ou s’il finira bien un jour par rentrer.

Tout dépendra peut-être des entretiens que son remplaçant a eus dans la nuit avec lui et le chef de l’Etat burkinabè, de nouveau à la baguette dans cette cacophonie politico-médica .

Mise à jour le Jeudi, 14 Janvier 2010 11:07
 

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