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La Guinée va-t-elle suivre un scenario à la burundaise ? Envoyer
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Résultat de recherche d'images pour "alpha condé"Au-delà des spécificités burundaises,en Guinée les pratiques autocratiques du président n’ayant pas la confiance de sa population au sein de la quelle les tensions ethniques restent critiques.

 

Dans ce contexte, on ne peut qu’être alarmé lorsque le regard se porte en Guinée sur les manipulations politiques orchestrées par le président  Alpha Condé, en prévision des  présidentielles prévues en 2020.

La Guinée: une histoire politique jalonnée de coups d’État

Largement gouvernée par une succession d’autocrates depuis son indépendance en 1958, la Guinée s’est rapidement détournée de l’ancien colon français pour tisser des liens forts avec l’Union Soviétique. Son premier président, Ahmed Sekou Toure, a lancé le pays sur la voie du socialisme révolutionnaire; l’opposition politique fut rapidement écrasée, plusieurs dizaines de milliers de Guinéens ont disparu, ont été torturés ou exécutés pendant les 26 années de son régime autoritaire.

Suite au décès de Ahmed Sekou Toure en 1984, le pouvoir est confisqué par Lansana Conte et d’autres officiers de l’armée guinéenne.

En 2000, la Guinée accueille jusqu’à un demi-million de réfugiés fuyant les conflits en Sierra Leone et au Liberia, ce qui favorise la montée des tensions ethniques dans le pays et nourrit une série d’accusations mutuelles de tentatives de déstabilisation avec les pays voisins.

Une junte militaire s’empare du pouvoir à la mort du président Conte en décembre 2008. En 2010, suite à une période de transition et à une élection de nombreuses fois reportée et émaillée de conflits ethniques violents, le pouvoir revient à la société civile.

Un pays au cœur de l’Afrique de l’Ouest

La Guinée est apparue comme un îlot de stabilité géopolitique par rapport au Liberia, au Sierra Leone et à la Côte d’Ivoire, ses voisins immédiats, du moins jusqu’à maintenant.

La vie politique guinéenne est polarisée autour de deux douzaines d’ethnies différentes qui vivent la plus grande partie du temps en relative harmonie. Les Peuls représentent 40% de la population, devant les Malinkés et les Soussous.

La Guinée reste un pays géopolitiquement sensible dans une région où tout bouleversement politique ou conflit ethnique d’ampleur peut rapidement déborder dans les pays voisins, notamment au Mali, au Liberia, au Sierra Leone et en Côte d’Ivoire qui sortent tous de longues périodes de guerre civile.

Toujours une crise électorale dans un contexte de grande pauvreté:

Bien que la richesse minérale de son sous-sol pourrait en faire l’un des pays les plus riches du continent, la population guinéenne est l’une des plus pauvres d’Afrique de l’Ouest. La Guinée est en effet le plus grand pays exportateur de bauxite au monde et possède de prodigieuses quantités d’or, de diamant, de minerai de fer, de graphite et de manganèse mais la plus grande partie de sa population vit avec moins d’un euro par jour. La Guinée est reléguée à la dernière place du classement de l’Indice de Développement Humain.

Le président Alpha Condé a l’habitude de blâmer ses prédécesseurs afin d’expliquer les très mauvaises performances économiques de son pays.

Cela ne saurait masquer la faiblesse de l’argumentaire du président guinéen. Le niveau de pauvreté a augmenté tout au long de son mandat, et ce bien avant le déclenchement de son envie du troisièmes mandat

Ayant hérité d’une situation économique désastreuse, lui-même incapable de se prévaloir d’un succès en la matière, le président sortant, un outsider politique ayant vécu une grande partie de sa vie à Paris, en poste depuis l’élection contestée en 2010 où il n’avait recueilli que 18% des voix au premier tour contre 44% pour son adversaire, soutenu par la grande partie de la population guinéenne, se livre à de basses manœuvres en truquant tous les processus électoral afin de s’assurer un troisièmes mandat reports successifs des accords politiques lors des élections locales , refus d’engager le débat avec les partis d’opposition, tirs à balles réelles sur des manifestants pacifiques, etc.

Contrairement aux affirmations du Président Alpha Condé, ce n’est pas l’épidémie d’Ebola en 2015 ni les manifestation politiques qui ont mis la Guinée à genoux. Bien au contraire, c’est la corruption endémique de l’État guinéen qui est l’une des causes principales de la faiblesse structurelle du système de santé du pays. C’est là à la fois l’héritage de cinq décennies de régimes autoritaires caractérisés par la violence politique et la répression, nourries d’un environnement profondément corrompu, d’agents de l’État aux comportements prédateurs et de l’absence d’un État de droit. Au-delà de ce terreau défavorable, il revient à Alpha Condé d’assumer la responsabilité des actes de corruption qui ont eu lieu sous son mandat présidentiel, chose à laquelle il s’est pour l’instant refusé.

Transparency International:

classe ainsi régulièrement la Guinée parmi les pays où la perception de la corruption est la plus forte (150 ème sur 175 pays classés). Un exemple parmi d’autres.C’est bien sous le mandat du président Condé que cette corruption continue de parasiter le pays, empêchant le développement économique et donc le progrès social des Guinéens.

Une discrète poudrière

La Guinée est l’exemple type d’une population souffrant d’un État parasite: une société humainement jeune (60% des 11 millions de Guinéens ont moins de 25 ans) dynamique et stable qui pourrait profiter de ressources naturelles remarquables mais qui en est empêchée par un État dirigé par une suite d’autocrates gouvernant pour le bénéfice de quelques-uns.

Au fur et à mesure que les années passent ont voit s’accumuler l'envie de trucages de la constitutions, le risque d’une crise politique profonde s’accroît, attisée par le manque de progrès socio-économiques et des tensions ethniques discrètes mais bien présentes dans une région où les conflits sont impossibles à contenir.

Par conséquent, il est important pour les sociétés civiles internationales de s’engager dès maintenant en Guinée afin de garantir des élections libres, justes et transparentes donnant des résultats crédibles acceptables pour tous les Guinéens en 2020 sans la candidature d'Alpha condé. Un échec menacerait la paix, la stabilité et les acquis démocratiques de toute la région.

Mise à jour le Vendredi, 26 Octobre 2018 18:35
 

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