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Guinée: Gouvernance en 2018 : Condé, l’alpha et l’oméga Envoyer
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En Guinée, 2018 est l’année de deux grands défis électoraux : les municipales du 4 février et les législatives à réaliser avant la fin de l’année par le régime Alpha Condé, pris aux travers de la gorge par un front social porté par un nouveau leadership qui a montré courant novembre de quel bois il s’échauffe.

 

L’instabilité contractuelle et l’insécurité des hommes d’affaires restés au pays malgré les tentatives de sape et d’incendie de leurs commerces, constituent un autre défi majeur à relever. Bien que le régime soit plutôt préoccupé à trouver des moyens d’absorption de fonds chinois pour le développement de sa Zone économique spéciale (ZES), après le coup de pied historique administré aux seniors des mines et qui scotche le pays en régime à instabilité contractuelle depuis bientôt 8 ans.

A cela, s’ajoutent les velléités de manipulation de la Constitution ravivées par les faucons du régime et autres businessmen de la crise.

Durant l’année 2017, le régime Alpha Condé a été plus ou moins chauffé à blanc par différents fronts sociaux en ébullition qui lui ont pollué la respiration, tant soit peu. Notamment au mois de mai avec la grogne de la Fédération syndicale autonome des banques, assurances et microfinances (Fesabag) caractérisée par des débrayages pendant plusieurs jours, et la grève du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (Slecg), soldée par des morts en novembre à Conakry, et dont l’épée reste toujours pendante.

Car, face à cette autre crise, l’Etat a voulu se montrer hostile aux négociations avec de ‘‘rebelles syndicalistes’’ meneurs d’une grève ‘‘illégale’’ et ‘‘sauvage’’. Il aura fallu l’implication des religieux pour que le Syndicat porté par Aboubacar Soumah fléchisse.

Velléités de manip constitutionnelle

Courant 2017, des propos fusant de partout, ont fait soupçonner le citoyen lambda des velléités de tripatouiller la Constitution pour garantir à l’actuel chef d’Etat un éventuel 3e mandat. Depuis la très décriée sortie médiatique de l’ancien directeur général de la Police nationale à Nzérékoré, Bangaly Kourouma, suivie de celle de la coordinatrice nationale du Rpg Arc-en-ciel, Hadja Nantou Chérif Konaté, toutes les occasions sont désormais mises à profit pour exprimer des velléités à tordre le cou à Constitution.

Le président de la République lui-même entretenant du flou autour de la question. Puisqu’à chaque fois qu’Alpha Condé a été emmené à y réagir, le président de l’Union africaine a toujours déclaré qu’au moment venu, ce sera au peuple de décider de son éventuelle candidature ou non pour un 3e mandat. Et récemment, ce sont deux autres cadres du parti au pouvoir qui ont affiché leur position face à cette démarche anticonstitutionnelle. A savoir : Alpha Ibrahima Keira et Sékou Souapé Kourouma qui ont dit que feu le général Lansana Conté l’avait fait. Pourquoi pas Alpha Condé, donc?

Stabilité et sécurité

Le phénomène d’insécurité et son corollaire de crime prennent des proportions inquiétantes en Guinée. Pas une semaine ne s’écoule sans que de pauvres citoyens ne reçoivent des visites indésirables de présumés malfrats, à travers le pays. Les populations, à défaut d’être tuées, sont expropriées de leurs biens qu’elles amassés certaines tout au long de leur existence.

A Conakry et dans les villes provinciales de l’intérieur du pays, l’inquiétude est perceptible, surtout au niveau des opérateurs économiques restés au pays malgré toutes les tentatives d’attaques, de sape et d’incendie de leurs commerces. Pourtant, le développement auquel aspirent les Guinéens dépend de la stabilité intérieure et de la quiétude qui restent les gages de l’absorption des fonds chinois annoncés dans l’Accord-cadre de financement portant sur 20 milliards de dollars pour une durée de 20 ans signé et de la continuité avec SMB après le coup de pieds administré aux seniors Bhp Billiton, Rio Tinto et Vale-Bsgr. Que cela soit clair! Car, la Guinée abrite certains des gisements de minerai de fer les plus riches et les plus facilement exploitables à l’extérieur de la région australienne de Pilbara et la base brésilienne du principal producteur Vale. Même si de nombreux secteurs peuvent aider au décollage économique du pays.

Enjeux électoraux

Les dernières élections communales remontent à 2005 sous le régime de feu le général Lansana Conté, succédé par le capitaine Dadis Camara qui a été à son tour relevé par le général Sékouba Konaté. C’est sous le magistère de ce dernier que le pays a organisé la présidentielle de 2010 à l’issue de laquelle l’opposant historique Alpha Condé est devenu président de la République. Selon les textes, les élections communales devraient se tenir 3 mois seulement après l’investiture du nouvel élu. Hélas, leur organisation bat de l’aile depuis toujours. De report en report, ces consultations devraient enfin se tenir le dimanche 4 février prochain. Du moins, à se fier à la date annoncée lundi 25 septembre 2017 par la CENI, l’organe de gestion des élections et référendums en Guinée.

Une date que certains leaders avaient jugée trop éloignée, au regard du temps mis depuis 2005 pour organiser ces échéances d’une extrême importance. Le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo trouvait par-là « la carence de nos institutions qui sont incapables de respecter les calendriers électoraux et les accords politiques».

Ce manquement avait d’ailleurs suscité une vague de marches de protestation pour exiger la tenue de ce scrutin, avec son lot de morts dans les rangs des opposants. Le scrutin du 4 février revêt donc un enjeu de taille pour la classe politique. Il est déjà marqué d’une multiplicité de listes caractérisée par une participation plus ou moins importante des candidatures indépendantes, dont la performance reste tributaire à leur capacité à s’unir, ou à faire une alliance, à défaut de contribuer à leur propre échec. Cette option est ultime face à ces traditionnels partis qui trainent par devers eux des partisans à l’image de captifs politiques.

Pratiquement, un mois seulement sépare les Guinéens de la fatidique épreuve de désignation de leurs responsables à la base. Plusieurs partis y prennent part. D’autres, non. Certes, au regard de la caution à payer. Puisque pour y participer, chaque candidat est sommé de verser la somme de 8 millions de FG pour les communes urbaines contre 4 millions pour les communes rurales.

Ce qui est sûr, au lendemain de ce scrutin, le paysage politique présentera un nouveau visage. Du moment où les communes urbaines et celles rurales jouiront d’une certaine autonomie. Ceci dit, les enjeux du scrutin se déclineront de manière propre à chaque commune. Les orientations des nouveaux élus se focaliseront surtout autour de la fiscalité, des investissements, de l’amélioration de la qualité de vie, de la salubrité, de la santé publique et de la participation citoyenne, entre autres projets politiques que seront emmenés à porter les gagnants du scrutin.

Les prochaines consultations sont d’autant plus importantes qu’elles ouvrent davantage les portes du pays aux investisseurs et autres partenaires au développement. En ce sens que celles-ci pourraient contribuer au rapprochement entre les militants de différents partis politiques désormais appelés à travailler ensemble au bénéfice du développement local. Autre facteur non moins important, c’est l’ancrage démocratique que cela favorise avec la stabilité politique et le développement à la base, à travers la décentralisation et la déconcentration. Toute chose qui fascinera sans nul doute les investisseurs locaux et étrangers désireux d’opérer dans un climat prospère aux affaires. Car, comme le dirait l’autre, l’argent n’aime pas le bruit.

Mise à jour le Mercredi, 03 Janvier 2018 19:38
 

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