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Guinée : le procès de l’affaire Mohamed Koula Diallo tourne à la foire d’empoigne Envoyer
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Le procès des deux assassins présumés du journaliste Mohammed Koula Diallo, tué par balle lors d’affrontements entre militants de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), en février 2016, a rouvert ce lundi 23 octobre.

Amadou Oury Bah, vice-président - exclu - de l’UFDG, est partie civile. Mais entre incidents d’audience et débats politiques, ce procès de l’« affaire Mohamed Koula Diallo » n'en vient à faire qu'exceptionnellement référence au journaliste tué.

 

Deux hommes se trouvent dans le box des accusés : Amadou Sow et Alghassimou Keita, tous les deux gardes du corps du président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, notamment inculpés d’« assassinat », de « tentative d’assassinat » et de « coups et blessures ». Accusations qu’ils nient tous les deux. Et entre chuchotements des militants politiques rétifs à la contradiction et envolées et effets de manche d’avocats qui ne se font aucun cadeau, la tâche du juge Mangadouba Sow n’est pas aisée.

Dès l’entame de cette nouvelle audience dans le procès qui doit faire la lumière sur les circonstances de la mort par balle du journaliste Mohamed Koula Diallo, le 5 février aux abords du siège de l’UFDG devant le tribunal de Dixinn, en proche banlieue de Conakry, ce lundi, le juge a voulu prévenir tout débordement, invitant les parties au procès à « ne pas troquer la robe (d’avocat, ndlr) contre la tenue de militant ».

Un avocat de la défense fonce sur Bah Oury

Une mise en garde qui n’a pas empêché Me Alsény Aïssata Diallo, l’un des avocats de la partie civile, de taxer Bah Oury de « fou » et de lui enjoindre de « poursuivre son traitement dans une clinique psychiatrique ». Et l’avocat de foncer Bah Oury… Il a été maîtrisé par ses confrères, qui se sont interposés avant qu’il n’atteigne sa cible.

Quelques minutes auparavant, Me Alsény Aïssata Diallo avait été « irrité » par la partie civile, qui l’avait qualifié de « militant de l’Union des forces démocratiques de Guinée », l’UFDG. Bah Oury, qui s’est constitué partie civile dans ce procès, a même accusé l’avocat d’avoir participé, le 4 février 2016 au domicile du président du parti, à une réunion préparatoire devant plancher sur la manière « de l’assassiner ».
Un avocat de la défense… également témoin

En outre, et à l’instar de Cellou Dalein Diallo, son épouse et de plusieurs autres personnes de l’entourage politique du leader de l’UFDG, Me Alsény Aïssata était également cité comme témoin dans ce procès. Les avocats de la partie civile ont donc réclamé qu’il regagne la place des témoins et qu’il évacue la salle d’audience.

Refus des avocats de la défense, menacés d’être privés de l’un des leurs. Suspension de séance. Au retour, le tribunal rejette la demande de la défense de ne plus laisser Me Alsény Aïssata plaider.

« Le président du tribunal ne nous a pas laissé développer nos arguments sur la comparution des témoins », regrette Me Kpana Emmanuel Bamba, avocat de la partie civile. « Le tribunal s’est rendu compte qu’en suivant Bah Oury, il aurait violé la loi sur la profession d’avocat et le code de procédure pénale », répond Me Alsény Aïssata Diallo, qui évoque un « début de victoire ».

Mise à jour le Samedi, 28 Octobre 2017 19:43
 

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