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Le pouvoir guinéen entendra-t-il raison face à la date du 30 juin 2013 Envoyer
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La Guinée est en train de se diriger pas à pas, mais inexorablement vers une implosion sociale et politique. Il n’y a qu’un seul moyen d’arrêter cette descente dans les abîmes grandement ouverts par le pouvoir actuel et le système qu’il a instauré depuis la tricherie électorale de 2010.



Ce moyen unique, c’est de se lever comme en 2006, 2007, 2008 et 2009 pour mettre un terme à la dictature, non plus naissante, mais en voie de très fort enracinement dans notre pays. La Guinée mérite mieux que ce qu’elle a vécu et vit actuellement.

Une prise de conscience collective est déjà acquise qu’Alpha Condé et son système clanique n’apporteront que désolation, division du pays en entités ethniques dont l’antagonisme ne tardera pas à le faire éclater en lambeaux. Donc, il faudrait que les Guinéens de tout bord, de l’intérieur et de l’extérieur se lèvent et mettent de côté leur antagonisme pour venir au secours de la patrie. C’est un devoir qui s’impose à nous tous car la crise politique actuelle dépasse toutes celles des années antérieurement énoncées.

L’opposition guinéenne, malgré certaines failles inhérentes peut-être à l’action politique, montre de plus en plus qu’ « elle ne baissera pas les bras » et qu’elle n’entend pas accepter le dictat du RPG et de son chef. Pour cela, elle mérite appui militant et patriotique de nous tous pour mettre fin à la série de violation des droits de l’homme, de la constitution et de toutes les lois qui régissent le fonctionnement démocratique de notre nation.

Dans un tel combat, il est indispensable que soient dénoncés et confondus toutes celles et tous ceux qui se sont servis de la soif de démocratie de notre peuple pour se tailler une place de choix dans le système actuel. Ces gens  qui ont profité du contexte de crise se retrouvent à tous les niveaux et dans toutes institutions et organes du pays : syndicats, société civile, CENI, conseil national de la transition etc. Ils sont dans l’administration et sont tapis dans les arcanes du pouvoir. Cela signifie qu’il faut une vraie révolution en Guinée « pour changer le changement » détourné. En effet, le changement prôné par Alpha Condé marche sur la tête et qu’il faut le mettre sur ses jambes afin d’éviter qu’il nous ramène là où Sékou Touré nous a laissés.

Une révolution ? Utopique, me dira-t-on. Mais un peuple, un pays, une nation ou un Etat qui manque de rêve finira dans le cauchemar. Je rêve donc d’une Guinée libre et débarrassée de toute forme de dictature, d’ethnocentrisme, de médiocrité, de clientélisme. Une Guinée aux antipodes de tout ce que nous avons connu jusque-là.

Cela n’est possible que si les nouvelles consciences, celles qui se construisent à Vanindara, Concasseur, Hamdallaye, Bambéto, Cosa, Kissosso et dans les coins les plus reculés du pays sont appuyées par des actes concrets et encore plus audacieux. C’est dans les zones périurbaines de Conakry, dans ces lieux plongés dans l’obscurité par manque d’électricité que la nouvelle révolution est en train de se consolider. C’est là, et dans des zones similaires très éloignées de la capitale mais partageant dans les mêmes déceptions et angoisses que sortira la lumière qui éclairera notre pays dans toute sa splendeur.

C’est en appuyant les revendications contre le mal- être des citoyens qui se sentent trahis, abandonnés  et victimes de la mal- gouvernance que viendra le changement. Un changement dont la nécessité  doit conduire à en découdre avec le régime guinéen actuel comme ce fut le cas de toutes les dictatures qui l’ont précédé.

A cause de l’arrogance qui caractérise certains de ses membres, le pouvoir guinéen a s’abordé tous les acquis de la  lutte  pour la démocratie des années quatre-vingt-dix à celle de maintenant. Toutes les initiatives sont sabotées par des gourous politiques qui trônent dans les ministères et autres institutions. N’avons-nous pas vu le président court-circuiter son premier ministre après l’avoir chargé de mener le dialogue qui devrait mettre fin à la crise qui secoue le pays ? Une crise non plus post-électorale mais institutionnelle qui fait de la Guinée un pays qui légifère  avec des organes ou institutions caduques. Le CNT en est l’un des exemples les plus frappants. Le mandat de ses membres devrait prendre fin par l’entrée en fonction de la nouvelle assemblée nationale, au plus tard six mois après l’élection présidentielle. Non seulement le CNT légifère mais s’arroge encore le titre de porte-parole du peuple. Si on sait qu’une institution, c’est avant tout une question de mandat et du respect de la durée institutionnel dudit mandat, on se rend compte de la situation atypique du cas guinéen. 

Pire ! Le système en place ne peut pas se prévaloir davantage de légitimité que le CNT. En ne respectant pas la constitution, il devient de facto hors-la-loi. En prolongeant la transition au-delà de six mois, il devient caduc étant entendu que le premier but de l’élection présidentielle était de mettre fin à la transition. Le second objectif étant l’instauration de la démocratie. Ni le premier ni le second but n’a été atteint parce qu’aucun préalable n’a été rempli.

Du coup,  le pouvoir viole la constitution, sème tous les jours qui passent la division ethnique, verse le sang des citoyens, plonge le pays dans l’inconnu, décide comme bon lui semble, nomme et destitue qui il veut. Le comble, tous les actes qu’il prend sont teintés d’ethnocentrisme et de volonté manifeste d’agrandir le fossé de l’inégalité. Aucun secteur socioprofessionnel, aucune entité sociale ou ethnique ne détenant pas le pouvoir n’est épargnée par son injustice.

Aujourd’hui la part du Soussou, du Forestier, du Peul est infime dans la gestion, l’administration et la répartition du bien commun qu’est la nation.  Les uns comme les autres sont frappés, certes à des degrés divers, par l’ostracisme du système dont l’insolence et le mépris dans la prise de décision n’épargne pas ses propres représentants.

Le dernier exemple en date, le coup fourré dont a été victime le premier ministre Saïd Fofana en dit long. Chargé par le chef de l’Etat de mener le dialogue avec l’opposition, celui-ci est pris de court par le décret du 14 avril qui fixe les législatives appelant au 30 juin.

Nulle part qu’en Guinée, l’actuel premier ministre ne resterait à son poste. Il aurait purement et simplement démissionné en raison de l’humiliation qu’il a subie : la prise en compte d’une proposition d’un gouverneur contre sa parole donnée. C’est le même qui demande un médiateur de l’ONU et  qui voit le même décret rendre obsolète sa démarche.

Le même médiateur lui-même aurait toutes les raisons de rendre le tablier car il n’a plus un rôle à jouer. Anticiper son arrivée en fixant la date des élections qui devrait sortir du consensus qu’il aurait obtenu par sa médiation n’est ni plus ni moins une manière de lui dire « on n’a as besoin de toi ».

A cette insolence d’un pouvoir qui se croit tout puissant, il n’a qu’un remède. Abréger sa durée par la mobilisation populaire : celle de tous les Guinéens épris de paix et de justice pour sauvegarder le peu d’acquis qui nous reste.

Les difficultés et les handicaps sont naturellement nombreux pour atteindre un tel objectif. Le premier étant le peu d’échos de la situation guinéenne sur la scène internationale. Tout se passe comme si notre pays était hors de la planète. Il faut attendre une manifestation pour s’entendre dire «  ça ne pas toujours en Guinée » ?

Le défaut de représentativité de l’opposition guinéenne à l’étranger est également un handicap. Inutile d’insister sur ce point qui m’a déjà valu les courroux de certains opportunistes aussi médiocres que ceux qu’on trouve dans le RPG. Cette espèce de politiciens nouveaux qui sont arrivés au sommet  de certains partis politiques par pur clientélisme et qui hérissent les poils dès qu’un analyste ou militant de première heure ne chante pas les louanges du chef. Ces gens sont d’une nuisance politique inqualifiable et le resterons tant que les responsables politiques en question ne comprendront pas que chacun ne peut penser qu’à son niveau. Que l’univers politique ne se mesure pas à celui d’un conteneur ou d’un taxi mais bien à l’immensité du savoir intellectuel.

Je lie le second aspect des difficultés à ce que j’appelle le confinement de certains leaders de l’opposition qui ne voyagent pas suffisamment pour se vendre politiquement afin de rendre plus attractive leur image auprès des pouvoirs, institutions et opinions nationales des grandes démocraties. Il y en a sûrement d’autres difficultés qui bloquent le changement.

Cependant, ces insuffisances ne justifieraient pas qu’on jette la pierre à des hommes et des femmes qui se battent contre un pouvoir fermé à tout mais ouvert à l’insolence et à la provocation. Un pouvoir qui met en mal la nation, bloque tout dialogue et règne par la violence. Un  pouvoir qui manifeste du mépris à l’égard de ses propres représentants. Le cas évoqué de M. Saïd Fofana, premier ministre dont la mission a été supplantée par la proposition faite par un simple gouverneur.

Les arguments ne manquent pas pour montrer que la démocratie ne viendra pas du pouvoir actuel. Par conséquent, le moment est plus que jamais au combat. A cette fin, il est grand temps que les Guinéens de l’étranger se lèvent à nouveau pour appuyer les revendications de l’intérieur axées sur l’annulation du décret fixant les législatives du 30 juin 2013 et sur leur propre droit de vote.

A défaut d’être écoutés, il ne restera plus qu’à appliquer les mêmes recettes  de 2006 à 2009 pour le changement. Donc, la fin du système dictatorial en Guinée.

Lamarana Petty Diallo

 

Mise à jour le Mardi, 23 Avril 2013 11:11
 

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